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 Economie international :
 
Non interdiction de l'AKP : Les milieux économiques turcs soulagés
Les milieux économiques turcs se sont sentis soulagés quand la Cour constitutionnelle a décidé mercredi de ne pas interdire le parti au pouvoir accusé d'activités antilaïques, épargnant ainsi au pays une longue période d'instabilité, selon les analystes.
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Mercredi, peu avant l'annonce du jugement de la Cour, la Bourse d'Istanbul avait déjà anticipé une décision favorable au Parti de la justice et du développement (AKP) du Premier ministre Recep Tayyip Erdogan, clôturant en hausse de 5,59% (+ 2,188,56 points), à 41.342,30 points.

Le détente des marchés s'est confirmée jeudi, avec une hausse de 4,51% (+ 1.865,35 points) à l'ouverture, l'indice IMKB atteignant 43.207,65 points.

"Cela faisait déjà une ou deux semaines que les investisseurs misaient sur une décision de ce type, qui n'affecterait pas trop les marchés", a affirmé à l'AFP Haluk Bürümçekçi, chef de la division analyses pour la banque Fortis.

"Le rebond devrait être limité, car après quelques jours, les investisseurs seront à nouveau plus sensibles à la conjoncture internationale, qui n'est pas favorable", prévient toutefois l'analyste.

Une opinion partagée par Rifat Hisarciklioglu, le président de l'Union des chambres de commerces et des bourses de Turquie (TOBB), qui appelle à "se concentrer sur l'économie sans perdre de temps, alors que les marchés internationaux sont en plein tangage et ne savent pas où ils vont".

"Il est temps à présent de se remettre au travail. Dans un contexte de crise financière internationale qui va en s'approfondissant (...), de concurrence mondiale qui s'accélère, chaque jour de retard pour prendre les mesures qui assureront notre avenir est une perte", déclare-t-il dans un communiqué.

La puissante organisation patronale TÜSIAD a elle aussi salué avec soulagement la décision des juges de se contenter d'adresser un avertissement à l'AKP, avec la suppression d'une partie de ses financements publics.

"La démocratie turque a réussi un important examen de passage", s'est félicité la TÜSIAD.

"Depuis le premier jour du procès, nous avons insisté sur le fait que la fermeture des partis n'était pas une solution dans les démocraties, qu'elle nuirait à la culture démocratique en créant une crise et une incertitude politique", a-t-elle rappelé.

Une incertitude qui aurait eu des conséquences néfastes pour l'économie, selon Seyfettin Gürsel, économiste de l'université stambouliote de Galatasaray, interrogé par l'AFP.

"Je pense que si la Cour avait dissous l'AKP, il y aurait eu un choc des taux de changes, une poussée de l'inflation, une réaction de la Banque centrale qui aurait encore augmenté ses taux d'intérêts alors que la croissance est déjà molle", a estimé M. Gürsel.

Après avoir traversé en 2001 la plus grave crise financière de son histoire, la Turquie a connu, sous la direction de l'AKP une période de forte croissance (9,9% en 2004, 7,6% en 2005, 6% en 2006) qui s'est progressivement tassée jusqu'à passer, avec 4,5%, sous l'objectif officiel de 5% en 2007.

"A terme, sans qu'on puisse parler d'une crise majeure, car d'une manière ou d'une autre l'AKP serait resté au pouvoir, il y aurait eu une augmentation du chômage et un tour de vis de plus pour l'économie", a poursuivi l'universitaire.
 AFP 01-08-2008   

   
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