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Têtes de mort et symboles spirituels extrême-orientaux, crânes et motifs animaliers noircis comme des Caravage, ex-voto gothiques incrustés de perles et de squelettes d’oiseaux, collier-arbre en corail rouge, grappes de chaînes punk et rock piquées de croix en or… Cela n’est pas l’inventaire d’un cabinet de curiosités mais quelques exemples de bijoux d’aujourd’hui, à mille lieues des canons de la place Vendôme, laquelle n’a d’ailleurs pas toujours été aussi sage.
Dès le début du XXe siècle, les cantatrices et courtisanes font souffler un vent d’excentricité sur la création joaillière en commandant des pièces à leur démesure aux plus prestigieuses maisons parisiennes. La Belle Otero demandera à Cartier une réinterprétation du collier de Marie-Antoinette, geste scandaleux d’une demi-mondaine qui se compare à une figure royale.
Complices de ces belles marginales, les joailliers repoussent les limites de leur art. Quand, à la fin des années 1930, Cartier s’inspire de la culture indienne, certains s’indignent devant ce « goût barbare ». Les clientes sont moins frileuses : des personnalités richissimes comme la duchesse de Windsor continuent de se faire faire des bijoux insensés sans se soucier des codes de la joaillerie d’alors. Ces femmes ouvrent la voie au bijou en liberté du XXIe siècle
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